J'ai profité de ce week-end pour lire tous les articles que j'ai pu trouver sur le sujet. Certains d'entre eux ont été écrits en italien ou même en allemand, ce qui montre bien que ce phénomène sociétaire a touché l'intégralité de notre pays, et pas seulement certaines régions. Il n'y ni frontières cantonales, ni frontières linguistiques.
Voici quelques questions qui me tracassent: Comment ces placements ont-ils débutés? Par qui ont-ils été mis en place? "L'Etat a clairement agi contre l'intérêt d'enfants", a déclaré Charles Beer, président du Conseil d'Etat genevois en adressant des excuses. L'Etat est-il donc le seul responsable?
Tous ces ex-enfants placés attendent de la reconnaissance de la part de la Confédération, qui a tardé à venir, d'après eux. C'est un fait qui est ressenti dans presque chaque article que j'ai pu lire. D'après ce que je comprends et ce que j'ai lu, les familles et instituts de placement se sentaient socialement bien impliqués. "(...), en même temps, les autorités étaient convaincues de bien faire." "Je suis particulièrement troublé par le fait qu'au nom d'une "bonne cause" on a pratiqué la séparation, la ségrégation et la négation." "(...) le profond sentiment de vouloir faire du bien même si l'on commettait le mal."
Pensaient-ils réellement agir de la bonne manière?
Un homme ayant été placé durant son enfance a dit qu'en interrogeant notre passé et notre présent, on avait la possibilité de mieux se rendre compte que la société évolue vers quelque chose de plus humain. Il constate par lui-même que, désormais, les plus faibles sont mieux entendus. Est-ce vraiment le cas?
Beaucoup de ces ex-enfants placés ont envie de témoigner pour que notre pays ne reproduise pas certaines erreurs du passé, bien trop longtemps méconnues de tous ou du moins de la plupart des citoyens. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai choisi ce thème pour mon travail de maturité.
J'ai du mal à trouver un angle d'attaque fixe qui conduira l'ensemble de mon émission. Je me pose un grand nombre de questions sur le sujet, mais j'ai peur de tomber dans le cas de l'exposé, de présenter certains aspects en omettant ou négligeant la problématique.
Voici quelques questions qui pourrait m'amener, en y réfléchissant, à trouver un angle d'attaque fixe:
-Que se passe-t-il lorsqu'un enfant est séparé de sa famille et qu'il grandit dans un environnement qui lui est étranger?
-Comment ces vécus subis sont-ils responsables de la vie d'adulte de ces ex-enfants placés? Quelles en sont les conséquences communes?
-Comment un être-humain surmonte-t-il le déracinement, l'absence de ses proches, le manque de sécurité affective, l'exclusion?
-En quoi ces enfances ont-elles été volées? Qu'englobe le mot "volées"?
-Quels sont les conséquences politiques et actuelles pour la Suisse?
Je reçois bien volontiers tous vos conseils, propositions, ou corrections.
Premièrement, je note que vous avez très bien compris le rôle du "journal réflexif".
RépondreSupprimerDans la liste des questions que vous posez, il me semble que certaines sont trop générales et vous mèneront, en effet, vers l'exposé.
En revanche, je trouve que de se demander ce qui a été "volé" est intéressant. A partir de quand y a-t-il "vol" ? Au moment de la révélation ? Si on ne sait pas qu'on a été placé, le vol est-il présent ?
Autre angle d'attaque intéressant, est le rôle de l'Etat. Pourquoi ce choix a-t-il été fait ? Qu'aurait-il été possible de faire d'autre ?
Concernant la reconstruction psychologique, je vous conseille d'aller voir les travaux de B. Cyrulnik
La question "Que se passe-t-il lorsqu'un enfant est séparé de sa famille et qu'il grandit dans un environnement qui lui est étranger?" peut répondre à toutes tes questions qui suivent, car elles sont toutes en lien. Après je pense que si cette question est ta problématique tu risques de trop rentrer dans l'exposé.
RépondreSupprimerJe trouve aussi que le fait de s'intéresser au mot "vol" est intéressant, car ce n'est pas forcément la première question qu'on se pose lorsqu'on lit le titre ou lorsqu'on sait le sujet qui sera traité. Ca te permettra d'avoir un angle plus original. Peut-on vraiment parler de vol, étant donné que ces enfants n'ont rien connu d'autre ? Est ce que eux-même se sentaient privés de leurs enfances ?